Le rôle de la nutritionniste est très important au sein de l’équipe. Elle s’assure que l’alimentation de la personne dysphagique soit sans risque, suffisante, équilibrée et agréable pour maintenir ou rétablir un bon état nutritionnel et donc un meilleur système immunitaire et des muscles en santé, y compris ceux qui servent à avaler. La nutritionniste est responsable de l’évaluation de l’état nutritionnel et du suivi de celui-ci. Elle se chargera donc d’apporter les changements nécessaires à l’alimentation pour obtenir un état nutritionnel adéquat en tenant compte de vos habitudes alimentaires, de vos besoins nutritionnels, de votre état de santé général, de votre environnement et de votre volonté.
La nutritionniste peut aussi participer à l’évaluation de toutes les étapes de la déglutition (observation de repas, évaluation de la musculature, interprétation des résultats de l’examen radiologique,…) avec les autres intervenants tel que mentionné au préalable. Les adaptations de textures et de consistances, si elles sont nécessaires, sont donc faites en considérant à la fois la sécurité du mécanisme de déglutition et la quantité de nourriture que la personne consomme. Selon la nature du problème de dysphagie, on devra opter pour certains aliments dits à « texture modifiée » (aliments en purée, hachés, mous, etc.) et/ou pour des liquides à consistances modifiées (liquides épaissis de consistance nectar, miel ou pouding). On pourra aussi suggérer d’éviter certaines autres textures si nécessaire (aliments secs, friables, adhésifs, etc.). Tout ceci se fait évidemment dans l’optique de promouvoir le maintien de l’état nutritionnel et la qualité de la personne tout en réduisant le plus possible les risques d’aspiration.
Quelle formation la nutritionniste doit-elle suivre pour exercer ses fonctions ?
Toute personne désirant devenir nutritionniste (nutritionniste, diététiste et diététicienne sont des titres réservés synonymes), doit détenir un baccalauréat en nutrition ou en diététique décerné par une université reconnue au Québec. Cette formation est axée sur la biologie de l’être humain et sur les principes approfondis et les connaissances de la nutrition humaine. En plus des aspects biologique et psychologique, la nutritionniste a une approche qui tient compte de l’environnement socio-économique, ce qui lui confère un profil idéal pour l’évaluation de la l’alimentation de la personne dysphagique.
Elle est apte à déterminer le plan de traitement nutritionnel et alimentaire approprié de la personne dysphagique en considérant l’état nutritionnel, l’ensemble des pathologies, les facteurs environnementaux, les goûts et la volonté d’adhérence au traitement nutritionnel. Ses compétences en science des aliments lui permettent d’identifier les textures de solides et les consistances de liquides les mieux adaptés aux problèmes identifiés. « La diététiste-nutritionniste s’intéresse aussi particulièrement à la problématique de la malnutrition. Un trouble de la déglutition non détecté, non traité ou traité inadéquatement, conduit de manière certaine à la malnutrition et/ou à la déshydratation, dont les conséquences constituent un risque de grave préjudice pour la personne. » Il ne suffit donc pas de modifier la texture des aliments ou de la consistance du liquide pour que la personne présentant de la dysphagie soit hors de danger, l’état nutritionnel est d’une première importance. La nutritionniste est présente au sein des équipes de d’évaluation et de traitement de dysphagie pour s’assurer de l’état nutritionnel optimal de la personne et de la mise en place du plan de traitement adapté.