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Que faire si j'ai de la dysphagie ou qu'un de mes proches semble en être affecté?
Puisque la dysphagie comporte des risques pour la santé, si vous avez décelé un ou plusieurs des symptômes mentionnés ci-haut, il serait important d’en faire part à un professionnel de la santé pour qu’une évaluation plus approfondie soit faite.

Généralement, une bonne évaluation de la dysphagie nécessite une équipe multidisciplinaire composés de plusieurs professionnels différents, selon les besoins (médecin, nutritionniste, inhalothérapeute, orthophoniste, ergothérapeute, physiothérapeute, infirmière, etc.). Les rôles de chacun sont différents, mais une bonne évaluation devrait comporter au minimum :
  • un examen médical pour trouver la maladie, le médicament ou le traitement responsable de la dysphagie et tenter de l’éliminer si possible (médecin);
  • une évaluation de l’état nutritionnel et de l’état d’hydratation pour vérifier si la consommation d’aliments et de liquides répond bien aux besoins pour conserver un fonctionnement adéquat du corps et de ses défenses (nutritionniste);
  • un examen des fonctions respiratoires (inhalothérapeute, physiothérapeute en thérapie respiratoire ou médecin);
  • un examen de la musculature et des mécanismes de la bouche et des différentes structures de la gorge par un examen physique (tout professionnel de la santé habileté à le faire : ergothérapeute, orthophoniste, nutritionniste, médecin, etc.).
Suite à cela, si nécessaire, une observation de repas pourra être faite pour permettre aux divers intervenants de mieux comprendre et identifier les problèmes vécus au quotidien et tenter de les corriger si possible. Selon les besoins, l’équipe pourra aussi suggérer un examen radiologique qui permettra de visualiser l’intérieur de la bouche et de la gorge pendant que vous mangez à l’aide d’aliments contenant du baryum. Cette technique se nomme la vidéofluoroscopie ou gorgée barytée modifiée.

L’évaluation de l’équipe permettra de préciser quelle étape de la déglutition est défectueuse et les risques présents pour la santé. Cela fait, l’équipe pourra proposer des moyens temporaires ou permanents pour améliorer votre qualité de vie et diminuer vos risques.

Vous parlez de risques pour la santé de la dysphagie, quels sont ces risques ?

Si elle n’est pas prise au sérieux, la dysphagie peut parfois mener à une aspiration pulmonaire. L’aspiration résulte du passage anormal des aliments (solides ou liquides) vers les voies respiratoires plutôt que vers l’estomac. En temps normal, si un aliment passe dans les voies respiratoires, nous aurons le réflexe de tousser pour nous dégager. Pour les personnes qui présentent de la dysphagie, ce réflexe de toux est parfois faible ou absent, ce qui peut augmenter la fréquence et l’importance des aspirations. Si l’état de santé global est insuffisant, les aspirations peuvent mener à une pneumonie que l’on qualifiera de pneumonie d’aspiration.

Plusieurs situations peuvent augmenter les risques d’aspiration dont :
  • Un mauvais état nutritionnel / une fonte musculaire au niveau de la gorge
  • Une fatigue ou un manque de vigilance lors des repas
  • Une posture inadéquate aux repas (ex. : personne mal assise ou semi-couchée)
  • Une alimentation très rapide
  • Une consistance inadéquate des liquides ou une texture inadaptée des solides
Outre les pneumonies d’aspiration, un risque très important est la détérioration de l’état nutritionnel. Pour que le corps fonctionne bien et que son système de défense contre les maladies soit efficace, il est important de bien se nourrir. Malheureusement, les personnes affectées par la dysphagie ont souvent tendance à moins s’alimenter et/ou à s’hydrater insuffisamment : elles peuvent délaisser plusieurs aliments (même leurs mets préférés) et réduire la qualité de leur alimentation à cause d’inconforts physiques, de toux trop fréquentes ou même par honte de leur difficulté. Les conséquences sur la santé peuvent être graves à plus ou moins long terme.

Enfin, un autre risque qui est aussi très important est celui de la perte du plaisir à manger. A première vue, cela peut paraître moins grave que la pneumonie ou les problèmes de santé liés à un état nutritionnel déficient, mais cela peut entraîner de nombreuses répercussions négatives sur la santé mentale et sur la vie sociale de la personne présentant de la dysphagie. Par exemple, si manger est un moment désagréable et qu’il faut le faire au moins trois fois par jour, la vie vous paraîtra peut-être pénible, ce qui affectera votre humeur. Si manger est difficile et long et que l’on vous invite à une fête ou au restaurant, vous refuserez possiblement l’invitation, ce qui peut vous conduire à vous isoler davantage. Si vous toussez beaucoup en mangeant, peut-être que cela perturbera vos repas en famille et que vous déciderez ou que l’on vous demandera de manger avant ou après les autres, ce qui vous mettra une fois de plus à l’écart. Ainsi, la dysphagie peut vraiment diminuer la qualité de vie même dans les cas où elle n’engendre pas de problème physique évident.

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